Comparatif cloud : comment choisir son stockage en ligne
Tous les comparatifs de stockage cloud se ressemblent : un classement, des prix, des gigaoctets. Le problème est…
Entre un serveur dédié, un VPS et un hébergement mutualisé, la présentation habituelle tient en une échelle de prix et de puissance. C’est commode et c’est trompeur, parce que les trois formules ne diffèrent pas par la quantité de ressources mais par ce qui sépare votre site de celui du voisin. Cette frontière détermine tout le reste : ce que vous pouvez installer, ce que vous subissez sans le voir, et ce que vous pouvez mesurer.
| Mutualisé | VPS | Dédié | |
|---|---|---|---|
| Ce qui est partagé | Le système et ses processus | La machine physique | Rien |
| Accès administrateur | Non | Oui | Oui |
| Choix des logiciels et versions | Ce que l’hébergeur propose | Libre | Libre |
| Voisins visibles dans vos mesures | Non mesurable | Mesurable | Aucun |
| Redimensionnement | Changement d’offre | À chaud, en minutes | Migration physique |
La ligne décisive est la deuxième. Sans accès administrateur, vous ne pouvez ni changer une version de PHP, ni installer un outil de diagnostic, ni appliquer la plupart des mesures décrites dans notre article sur la sécurité d’un serveur. Vous dépendez entièrement des choix de l’hébergeur, y compris sur le calendrier des mises à jour.
Sur un VPS, plusieurs machines virtuelles se partagent un processeur physique. Quand l’hébergeur en installe plus que la machine ne peut réellement en servir, votre système attend son tour sans que rien ne l’indique dans les outils habituels : la charge paraît normale, la mémoire est libre, et pourtant tout est lent.
Il existe une mesure qui le révèle, et c’est l’un des rares chiffres vraiment utiles de ce domaine : le temps de vol, ou steal time. Il compte le pourcentage de temps pendant lequel votre machine virtuelle était prête à calculer mais n’a pas obtenu le processeur, parce qu’un voisin l’occupait.
vmstat 1 5 # colonne « st » top # ligne CPU, valeur « st »
Lisez la colonne st. À zéro ou proche de zéro, vous obtenez le processeur quand vous le demandez. Si elle s’installe durablement à plusieurs pour cent, la machine physique est surchargée et aucune optimisation de votre côté n’y changera quoi que ce soit : vous payez une ressource que vous n’avez pas. C’est l’argument à présenter au support, et c’est le seul qui soit incontestable.
Sur un hébergement mutualisé, cette mesure n’est même pas accessible : vous n’avez pas de système à vous. C’est la différence de nature entre les deux formules, bien plus que le prix.
Une machine physique sans hyperviseur supprime deux choses : le partage du processeur, et la couche de virtualisation elle-même. Le gain se concentre sur la performance d’un seul cœur, ce qui compte pour les traitements qui ne se répartissent pas.
C’est décisif pour un serveur de jeu, dont la boucle de simulation s’exécute pour l’essentiel sur un cœur unique, comme nous l’expliquons dans notre guide sur l’optimisation d’un serveur de jeu dédié. Ça l’est beaucoup moins pour un site web classique, où l’attente vient des requêtes en base de données bien avant le processeur.
Le revers est la rigidité. Un VPS se redimensionne en quelques minutes sans changer d’adresse. Une machine physique saturée impose une migration complète, avec la préparation que cela suppose, y compris du côté des noms de domaine comme décrit dans notre article sur la propagation DNS.
Un hébergement mutualisé ne ralentit pas progressivement : il bute sur des plafonds, et chacun produit un symptôme différent. Les reconnaître évite de conclure trop vite qu’il faut changer d’offre.
Ces plafonds figurent rarement en page d’accueil de l’offre, et presque toujours dans les conditions techniques. Relevez-les avant de souscrire : ils expliquent la plupart des pannes attribuées à tort à un « manque de puissance », et ils sont le vrai motif de passage au VPS.
La réserve mérite d’être posée nettement : un VPS ou un dédié non administré est une charge de travail permanente, pas seulement une dépense.
Correctifs à appliquer, journaux à surveiller, certificats à renouveler, sauvegardes à tester. Un mutualisé bien tenu par un hébergeur sérieux vaut mieux qu’un VPS puissant que personne ne met à jour pendant deux ans. Le second finit compromis, et la puissance n’y aura rien changé.
Un VPS est une machine virtuelle qui partage un processeur physique avec d’autres, un serveur dédié est une machine entière sans hyperviseur. Le dédié apporte surtout de la performance sur un seul cœur, le VPS apporte de la souplesse et se redimensionne en quelques minutes.
En lisant le temps de vol, la colonne « st » des commandes vmstat ou top. Elle compte le temps où votre machine était prête à calculer sans obtenir le processeur. Une valeur durablement à plusieurs pour cent signale une machine physique surchargée.
Le plus souvent oui, surtout sans compétence système disponible en interne. Un mutualisé tenu à jour par l’hébergeur vaut mieux qu’un VPS puissant dont personne n’applique les correctifs.
Le dédié est préférable dès que la fréquentation est sérieuse, car la boucle de simulation d’un jeu s’exécute pour l’essentiel sur un seul cœur et supporte mal le partage du processeur avec des voisins.
Vous, sauf si vous souscrivez une offre infogérée. C’est le point le plus souvent mal compris à la souscription, et la cause principale des serveurs laissés vulnérables pendant des années.
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