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Jeux vidéo

Jeu du snake : jouer en ligne et l’histoire du serpent

snake jeu du serpent

Un serpent de quelques pixels, un écran monochrome, et des heures entières passées à éviter sa propre queue. Le jeu du snake est l’un des rares jeux vidéo que presque tout le monde a joué sans jamais l’avoir acheté. Il tenait dans quelques kilo-octets et il est né vingt ans avant le téléphone qui l’a rendu célèbre. Voici son histoire, et où y rejouer.

Jouer au jeu du serpent en ligne, gratuitement

Inutile de retrouver un vieux téléphone : la mécanique se rejoue directement dans un navigateur, sans installation ni compte. Le jeu-du-serpent.fr reprend le principe d’origine, celui du Nokia, avec le déplacement au clavier et l’allongement à chaque bouchée.

Un conseil avant de commencer, pour ceux qui découvrent : la difficulté ne vient pas de la vitesse, elle vient de la longueur. Les trente premières secondes sont faciles, et c’est précisément ce qui rend la suite frustrante. Occupez les bords tôt et gardez le centre libre, plutôt que l’inverse.

La règle, en trois phrases

Le joueur dirige une ligne qui avance sans jamais s’arrêter et qui ne peut que tourner. Chaque élément ramassé l’allonge d’un segment et fait monter le score. La partie s’arrête au premier contact avec un bord ou avec soi-même.

Tout le jeu tient dans cette contradiction : progresser, c’est grandir, et grandir, c’est réduire l’espace dont on dispose. Le joueur fabrique lui-même l’obstacle qui finira par le bloquer. C’est ce qui explique qu’un jeu aussi rudimentaire n’ait jamais vraiment vieilli.

1976 : le jeu existe avant les téléphones

C’est le point que presque personne ne sait : le snake n’a pas été inventé par Nokia. Il a plus de vingt ans d’histoire derrière lui quand il arrive sur un téléphone.

AnnéeTitreSupportCe qu’il apporte
1976Blockade, de GremlinBorne d’arcadeLe principe d’origine, en duel à deux joueurs
1976Bigfoot BonkersBorne d’arcadeUn clone immédiat, avec des obstacles
1977Dominos, d’AtariBorne d’arcadeLa même mécanique, habillée en dominos
1977SurroundAtari 2600L’arrivée sur console de salon
1978WormOrdinateur personnelLa première version sur PC
1997SnakeNokia 6110Un seul joueur, aucun obstacle, dans la poche
2000Snake IINokia 3310Les téléportations d’un bord à l’autre

Blockade, sorti en 1976, se jouait à deux : chaque joueur laissait derrière lui une traînée continue, et le premier qui heurtait un mur ou une traînée perdait. C’est déjà tout le jeu. Les décennies suivantes n’ont fait que le transposer.

1997 : le snake entre dans la poche

En 1997, Taneli Armanto, ingénieur chez Nokia, adapte le principe pour le Nokia 6110. La contrainte est extrême : un écran monochrome de quelques dizaines de pixels de côté, une puissance de calcul dérisoire, et un clavier numérique pour toute manette.

Cette contrainte fait la réussite. Le jeu se comprend sans notice, se joue d’une main, se quitte en une seconde quand le bus arrive. Il n’était pas vendu : il était déjà là, préinstallé, sur un appareil que l’on avait de toute façon sur soi.

Trois ans plus tard, Snake II accompagne le Nokia 3310 et ajoute la traversée des bords : le serpent qui sort d’un côté réapparaît de l’autre. Le 3310 s’est écoulé à environ 126 millions d’exemplaires, ce qui en fait l’un des téléphones les plus vendus de l’histoire. C’est par ce chiffre, et non par une campagne de publicité, que le jeu du serpent est devenu universel.

Pourquoi il ne vieillit pas

  • Aucune règle à apprendre. Une flèche, un mur, une queue. La première partie commence sans explication.
  • Une difficulté que le joueur construit. Le jeu ne durcit pas tout seul : c’est votre score qui rétrécit le terrain.
  • Des parties très courtes. L’échec coûte quelques secondes, ce qui supprime toute hésitation à relancer.
  • Un coût de production nul. Le principe se réimplémente en quelques dizaines de lignes, ce qui explique la profusion de versions.

Ce jeu appartient à une famille où l’on revient chaque jour pour quelques minutes, comme celui dont nous parlons dans notre article sur Animal Crossing New Horizons. Ce sont exactement les ressorts qui ont assuré la longévité d’un autre monument de la même génération, dont nous racontons l’histoire dans notre article sur Tetris, le jeu vidéo culte.

La stratégie qui fait durer les parties

La plupart des joueurs se contentent de foncer sur l’élément suivant. C’est la meilleure façon de mourir vers le milieu de partie, quand le serpent devient assez long pour se piéger lui-même. Trois principes changent radicalement les scores.

  1. Longez les bords, pas le centre. Un serpent replié le long des murs laisse le milieu du terrain libre. Un serpent qui traverse le centre coupe l’aire de jeu en deux et se condamne à devoir contourner son propre corps.
  2. Suivez un parcours, pas une cible. Les meilleurs joueurs balaient le terrain selon un trajet régulier en allers-retours, et ramassent ce qui se présente sur ce trajet. Ils ne se dirigent presque jamais vers l’élément directement.
  3. Anticipez la queue, pas la tête. La question utile n’est jamais « où vais-je » mais « ce couloir sera-t-il encore libre quand j’y arriverai ». La queue avance aussi, et un passage bouché devient franchissable une seconde plus tard.

Sur les versions qui autorisent la traversée des bords, comme celle du Nokia 3310, un quatrième réflexe s’ajoute : sortir volontairement d’un côté pour réapparaître de l’autre est souvent le seul moyen de s’extraire d’une impasse. C’est contre-intuitif, et c’est ce qui sépare une partie de cent points d’une partie de mille.

Où le snake se joue aujourd’hui

Le jeu a survécu à la disparition du support qui l’avait rendu célèbre, et il se décline désormais sous trois formes très différentes.

  • Les versions navigateur. Ce sont les plus fidèles à l’original : un terrain fermé, un joueur, aucun compte à créer. Elles se lancent en une seconde et s’arrêtent aussi vite.
  • Le snake de Google. Le moteur de recherche propose sa propre version, mise en avant lors des célébrations du nouvel an chinois les années du serpent. Elle ajoute des variantes de terrain et d’objets à ramasser.
  • Les versions multijoueurs en ligne. Elles reprennent l’apparence mais transforment la règle : on y grandit en faisant heurter les autres joueurs plutôt qu’en évitant son propre corps.

Deux confusions à écarter

La réserve vaut d’être posée, parce que ces deux jeux portent des noms voisins et n’ont rien à voir avec le snake.

  • Le jeu de l’oie des serpents et des échelles. C’est un jeu de plateau à dés, d’origine indienne, sans le moindre rapport avec le serpent vidéoludique malgré la proximité du nom.
  • Les jeux de serpent en ligne multijoueurs. Les versions modernes où l’on affronte des dizaines de joueurs reprennent l’apparence mais changent la nature du jeu : on y grandit en éliminant les autres, pas en gérant son propre encombrement.

Le snake d’origine reste un jeu solitaire, où l’adversaire est le joueur lui-même. C’est cette version-là qui a marqué les mémoires, et c’est celle qui se rejoue en une minute.

Questions fréquentes sur le jeu du snake


Qui a inventé le jeu du snake ?

Le principe apparaît en 1976 avec Blockade, une borne d’arcade de Gremlin jouée en duel. La version sur téléphone, celle que tout le monde connaît, est adaptée en 1997 par Taneli Armanto, ingénieur chez Nokia, pour le Nokia 6110.


Sur quel téléphone Nokia le snake est-il apparu ?

Sur le Nokia 6110 en 1997. La version la plus connue, Snake II, accompagne le Nokia 3310 en 2000 et ajoute la traversée des bords de l’écran.


Comment jouer au jeu du serpent gratuitement ?

Directement dans un navigateur, sans installation ni compte. Le déplacement se fait au clavier et la partie s’arrête au premier contact avec un bord ou avec le corps du serpent.


Quel est le but du jeu du snake ?

Ramasser le plus d’éléments possible sans heurter les bords ni sa propre queue. Chaque élément ramassé allonge le serpent, ce qui réduit l’espace disponible : progresser rend la suite plus difficile.


Le jeu du serpent et des échelles est-il le même jeu ?

Non. Les serpents et échelles sont un jeu de plateau à dés, d’origine indienne, sans aucun rapport avec le jeu vidéo du serpent malgré la ressemblance des noms.