Tetris : l’histoire d’un jeu né en 1984 à Moscou
Tetris a été écrit en 1984 par un chercheur soviétique sur un ordinateur sans couleur et sans son.…
Un serpent de quelques pixels, un écran monochrome, et des heures entières passées à éviter sa propre queue. Le jeu du snake est l’un des rares jeux vidéo que presque tout le monde a joué sans jamais l’avoir acheté. Il tenait dans quelques kilo-octets et il est né vingt ans avant le téléphone qui l’a rendu célèbre. Voici son histoire, et où y rejouer.
Inutile de retrouver un vieux téléphone : la mécanique se rejoue directement dans un navigateur, sans installation ni compte. Le jeu-du-serpent.fr reprend le principe d’origine, celui du Nokia, avec le déplacement au clavier et l’allongement à chaque bouchée.
Un conseil avant de commencer, pour ceux qui découvrent : la difficulté ne vient pas de la vitesse, elle vient de la longueur. Les trente premières secondes sont faciles, et c’est précisément ce qui rend la suite frustrante. Occupez les bords tôt et gardez le centre libre, plutôt que l’inverse.
Le joueur dirige une ligne qui avance sans jamais s’arrêter et qui ne peut que tourner. Chaque élément ramassé l’allonge d’un segment et fait monter le score. La partie s’arrête au premier contact avec un bord ou avec soi-même.
Tout le jeu tient dans cette contradiction : progresser, c’est grandir, et grandir, c’est réduire l’espace dont on dispose. Le joueur fabrique lui-même l’obstacle qui finira par le bloquer. C’est ce qui explique qu’un jeu aussi rudimentaire n’ait jamais vraiment vieilli.
C’est le point que presque personne ne sait : le snake n’a pas été inventé par Nokia. Il a plus de vingt ans d’histoire derrière lui quand il arrive sur un téléphone.
| Année | Titre | Support | Ce qu’il apporte |
|---|---|---|---|
| 1976 | Blockade, de Gremlin | Borne d’arcade | Le principe d’origine, en duel à deux joueurs |
| 1976 | Bigfoot Bonkers | Borne d’arcade | Un clone immédiat, avec des obstacles |
| 1977 | Dominos, d’Atari | Borne d’arcade | La même mécanique, habillée en dominos |
| 1977 | Surround | Atari 2600 | L’arrivée sur console de salon |
| 1978 | Worm | Ordinateur personnel | La première version sur PC |
| 1997 | Snake | Nokia 6110 | Un seul joueur, aucun obstacle, dans la poche |
| 2000 | Snake II | Nokia 3310 | Les téléportations d’un bord à l’autre |
Blockade, sorti en 1976, se jouait à deux : chaque joueur laissait derrière lui une traînée continue, et le premier qui heurtait un mur ou une traînée perdait. C’est déjà tout le jeu. Les décennies suivantes n’ont fait que le transposer.
En 1997, Taneli Armanto, ingénieur chez Nokia, adapte le principe pour le Nokia 6110. La contrainte est extrême : un écran monochrome de quelques dizaines de pixels de côté, une puissance de calcul dérisoire, et un clavier numérique pour toute manette.
Cette contrainte fait la réussite. Le jeu se comprend sans notice, se joue d’une main, se quitte en une seconde quand le bus arrive. Il n’était pas vendu : il était déjà là, préinstallé, sur un appareil que l’on avait de toute façon sur soi.
Trois ans plus tard, Snake II accompagne le Nokia 3310 et ajoute la traversée des bords : le serpent qui sort d’un côté réapparaît de l’autre. Le 3310 s’est écoulé à environ 126 millions d’exemplaires, ce qui en fait l’un des téléphones les plus vendus de l’histoire. C’est par ce chiffre, et non par une campagne de publicité, que le jeu du serpent est devenu universel.
Ce jeu appartient à une famille où l’on revient chaque jour pour quelques minutes, comme celui dont nous parlons dans notre article sur Animal Crossing New Horizons. Ce sont exactement les ressorts qui ont assuré la longévité d’un autre monument de la même génération, dont nous racontons l’histoire dans notre article sur Tetris, le jeu vidéo culte.
La plupart des joueurs se contentent de foncer sur l’élément suivant. C’est la meilleure façon de mourir vers le milieu de partie, quand le serpent devient assez long pour se piéger lui-même. Trois principes changent radicalement les scores.
Sur les versions qui autorisent la traversée des bords, comme celle du Nokia 3310, un quatrième réflexe s’ajoute : sortir volontairement d’un côté pour réapparaître de l’autre est souvent le seul moyen de s’extraire d’une impasse. C’est contre-intuitif, et c’est ce qui sépare une partie de cent points d’une partie de mille.
Le jeu a survécu à la disparition du support qui l’avait rendu célèbre, et il se décline désormais sous trois formes très différentes.
La réserve vaut d’être posée, parce que ces deux jeux portent des noms voisins et n’ont rien à voir avec le snake.
Le snake d’origine reste un jeu solitaire, où l’adversaire est le joueur lui-même. C’est cette version-là qui a marqué les mémoires, et c’est celle qui se rejoue en une minute.
Le principe apparaît en 1976 avec Blockade, une borne d’arcade de Gremlin jouée en duel. La version sur téléphone, celle que tout le monde connaît, est adaptée en 1997 par Taneli Armanto, ingénieur chez Nokia, pour le Nokia 6110.
Sur le Nokia 6110 en 1997. La version la plus connue, Snake II, accompagne le Nokia 3310 en 2000 et ajoute la traversée des bords de l’écran.
Directement dans un navigateur, sans installation ni compte. Le déplacement se fait au clavier et la partie s’arrête au premier contact avec un bord ou avec le corps du serpent.
Ramasser le plus d’éléments possible sans heurter les bords ni sa propre queue. Chaque élément ramassé allonge le serpent, ce qui réduit l’espace disponible : progresser rend la suite plus difficile.
Non. Les serpents et échelles sont un jeu de plateau à dés, d’origine indienne, sans aucun rapport avec le jeu vidéo du serpent malgré la ressemblance des noms.
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