Pare-feu entreprise : ce qu’il filtre, et ce qu’il rate
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Découvrez pourquoi utiliser un VPN et comment sécuriser votre connexion pour renforcer confidentialité en ligne et protection réseau.
Un VPN est vendu comme une protection générale : sécurité, anonymat, tranquillité. En réalité il fait une chose précise, très bien, et il n’en fait aucune autre. Comprendre cette frontière évite à la fois de s’en priver quand il sert, et de s’en remettre à lui quand il ne protège rien. Voici ce qu’il chiffre exactement, qui voit quoi, et les trois cas où il est réellement utile.
Il crée un tunnel chiffré entre votre appareil et un serveur du fournisseur. Votre trafic y entre, ressort chez le fournisseur, et poursuit sa route normalement vers sa destination.
Tout découle de là, et notamment cette conséquence que la publicité ne met jamais en avant : au-delà du serveur du fournisseur, plus rien n’est protégé par le VPN. Le trajet entre ce serveur et le site que vous consultez est exactement ce qu’il aurait été sans VPN.
| Qui | Sans VPN | Avec VPN |
|---|---|---|
| Le réseau local, un Wi-Fi public | Les sites visités | Rien, sauf que vous utilisez un VPN |
| Votre fournisseur d’accès | Les sites visités | Rien, sauf l’usage d’un VPN |
| Le fournisseur de VPN | Sans objet | Les sites visités |
| Le site consulté | Votre adresse réelle | L’adresse du serveur VPN |
| Le contenu échangé avec un site en HTTPS | Chiffré de bout en bout | Chiffré de bout en bout |
La ligne décisive est la troisième. Un VPN ne supprime pas l’observateur, il le déplace : ce que votre opérateur voyait, le fournisseur de VPN le voit désormais. Vous transférez une confiance, vous ne l’éliminez pas.
La dernière ligne est tout aussi importante. Le contenu de vos échanges avec un site en HTTPS était déjà chiffré, et le reste. Le VPN n’y ajoute rien : il masque la destination, pas la conversation.
Notez ce qui ne figure pas dans cette liste : « sécuriser sa navigation ». Ce n’est pas un usage, c’est un slogan. Les mesures qui sécurisent réellement sont d’une autre nature, et nous les détaillons dans notre article sur la sécurisation d’un site et dans celui sur la sécurité d’un serveur.
Un VPN mal configuré donne l’illusion de la protection tout en laissant passer ce qu’il devait masquer. Deux défauts sont fréquents et se vérifient en une minute.
Le trafic passe bien dans le tunnel, mais les demandes de résolution de noms continuent de partir vers le résolveur de votre opérateur. Celui-ci voit donc tous les domaines que vous consultez, exactement ce que le VPN devait lui retirer. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur la propagation DNS.
Quand le tunnel tombe, le système bascule sur la connexion normale sans rien signaler. Vous croyez être protégé et vous ne l’êtes plus, parfois pendant des heures. La fonction de coupure automatique, qui bloque tout trafic hors du tunnel, corrige ce défaut : vérifiez qu’elle existe et qu’elle est activée.
Vérifiez enfin votre adresse publique une fois connecté, en la comparant à celle que vous obtenez sans VPN. Un site permettant de trouver son IP publique suffit à confirmer que le trafic sort bien par le tunnel, et nous détaillons ce que révèle cette adresse dans notre article sur l’adresse IP publique.
Héberger son VPN sur son propre serveur répond à un besoin précis, et pas du tout au même que celui d’un abonnement commercial. La distinction est nette et évite une déception courante.
Autrement dit, le VPN auto-hébergé est un outil d’accès, pas un outil de confidentialité. Les deux usages demandent des dispositifs opposés, et les confondre conduit à choisir le mauvais.
Un dernier mot sur les offres gratuites. Faire transiter le trafic de millions de personnes coûte cher, et ce coût est couvert d’une manière ou d’une autre. Quand vous ne payez pas l’abonnement, demandez-vous ce qui est vendu à la place, en sachant que le fournisseur voit l’intégralité de vos destinations.
Il chiffre le trajet entre votre appareil et le serveur du fournisseur, et masque vos destinations à l’observateur local et à votre opérateur. Au-delà de ce serveur, le trafic poursuit sa route normalement et n’est plus protégé par le VPN.
Non. Un compte auquel vous êtes connecté vous identifie quoi qu’il arrive, et les cookies comme l’empreinte du navigateur fonctionnent indépendamment de votre adresse. Le VPN change l’adresse vue par le site, pas votre identité.
Le contenu était déjà chiffré et le reste : le VPN n’y ajoute rien. Ce qu’il apporte, c’est de masquer la destination, c’est-à-dire les sites consultés, à qui observe le réseau que vous utilisez.
Le cas où le trafic passe bien dans le tunnel mais où les demandes de résolution de noms partent vers le résolveur de votre opérateur. Celui-ci voit alors tous les domaines consultés, ce que le VPN était censé lui retirer.
Faire transiter le trafic coûte cher et ce coût est couvert d’une façon ou d’une autre. Le fournisseur voyant l’intégralité de vos destinations, la question de ce qui est vendu à la place de l’abonnement se pose sérieusement.
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