Pare-feu entreprise : ce qu’il filtre, et ce qu’il rate
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Votre adresse IP publique est l’identifiant sous lequel votre installation apparaît sur Internet. Elle est souvent présentée comme une information sensible, parfois comme une donnée anodine, et les deux affirmations sont fausses. Elle révèle des choses précises, elle en révèle beaucoup moins qu’on ne le croit, et elle change de nature selon que vous êtes en IPv4 ou en IPv6. Voici ce qu’elle est exactement.
C’est le point de départ, et il est contre-intuitif. Vos appareils ont chacun une adresse privée, valable uniquement à l’intérieur de votre réseau, et qui ne circule jamais sur Internet.
Votre box, elle, possède une adresse publique unique. Quand un appareil sort, la box remplace l’adresse privée par la sienne et note la correspondance pour faire le chemin inverse au retour. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur les bases du fonctionnement d’un réseau.
Conséquence directe : tous vos appareils partagent la même adresse publique. Un site visité par votre ordinateur et par votre téléphone voit exactement la même adresse, sans pouvoir les distinguer par ce seul renseignement.
Pour la connaître, il suffit d’interroger un service extérieur, puisque votre machine ne la connaît pas elle-même : elle ne connaît que son adresse privée. Un site permettant de trouver son IP publique vous renvoie simplement l’adresse qu’il a vue arriver.
| Un site peut savoir | Un site ne peut pas savoir |
|---|---|
| Votre fournisseur d’accès | Votre nom |
| Votre pays, et souvent votre région | Votre adresse postale |
| Si vous passez par un service d’anonymisation connu | Lequel de vos appareils se connecte |
| Si plusieurs visites viennent de la même installation | Combien de personnes vivent chez vous |
La localisation mérite une précision, car c’est là que naissent la plupart des inquiétudes. Elle repose sur des bases de données qui associent des plages d’adresses à des zones, et sa précision est très variable : correcte au niveau du pays, approximative au niveau de la ville, et régulièrement fausse de plusieurs centaines de kilomètres quand l’opérateur concentre ses équipements.
Ce qui vous identifie réellement sur un site, ce n’est pas cette adresse : ce sont votre compte, vos cookies et l’empreinte de votre navigateur. C’est pourquoi la masquer ne rend pas anonyme, comme nous l’expliquons dans notre article sur ce qu’un VPN protège et ce qu’il ne protège pas.
La plupart des accès résidentiels reçoivent une adresse qui peut changer, typiquement après un redémarrage de la box ou une coupure du lien. Certaines offres, notamment professionnelles, fournissent une adresse fixe.
Sans adresse fixe, une solution existe : un service de nom dynamique met à jour automatiquement un nom de domaine chaque fois que l’adresse change. C’est le montage habituel pour accéder à un équipement domestique, et il fonctionne bien, à une condition traitée juste après.
Une adresse dite variable ne change pas au hasard. Trois situations la renouvellent, et les connaître évite bien des interrogations.
Ce changement n’a aucune conséquence pour la navigation courante. Il en a une immédiate si un nom de domaine pointait vers cette adresse, ou si un accès distant avait été autorisé pour elle : le service devient injoignable sans qu’aucune configuration n’ait été touchée. C’est la panne typique du lendemain d’une coupure de courant.
C’est la situation qui déroute le plus, et elle devient courante à mesure que les adresses disponibles s’épuisent.
Certains opérateurs appliquent une seconde traduction à leur propre niveau : plusieurs abonnés partagent alors la même adresse publique. Vous naviguez normalement, mais vous ne disposez plus d’une adresse qui vous soit propre.
Le symptôme est caractéristique : toutes vos redirections de port sont correctement configurées et rien n’arrive de l’extérieur. Ce n’est pas une erreur de réglage, la connexion entrante n’atteint jamais votre box. Deux effets secondaires méritent d’être connus. Vous pouvez être bloqué par un site à cause du comportement d’un autre abonné partageant votre adresse, et la localisation devient encore plus approximative.
Le passage à la nouvelle version du protocole modifie un principe de base, et beaucoup l’ignorent alors qu’il est déjà actif chez eux.
Les adresses disponibles étant en nombre pratiquement illimité, chaque appareil reçoit sa propre adresse publique. Le partage derrière une seule adresse disparaît, et avec lui la protection de fait qu’il apportait : un appareil n’est plus naturellement inaccessible depuis l’extérieur.
La conséquence pratique est importante. Ce qui était protégé par l’absence de correspondance dans la table de traduction doit désormais l’être par un filtrage explicite, comme nous le décrivons dans notre article sur le rôle des pare-feu. Les box appliquent généralement un filtrage par défaut, mais c’est un réglage, et un réglage se vérifie.
Second point : vos appareils peuvent être distingués les uns des autres par leur adresse, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les systèmes récents font tourner ces adresses régulièrement pour limiter ce suivi, mais la partie de l’adresse identifiant votre installation, elle, reste stable.
En pratique, la plupart des accès fonctionnent aujourd’hui avec les deux versions en parallèle. Un même appareil dispose donc simultanément d’une adresse partagée en IPv4 et d’une adresse propre en IPv6, et le site consulté voit l’une ou l’autre selon ce qu’il sait gérer. C’est ce qui explique qu’un service de vérification puisse vous annoncer deux adresses très différentes sans qu’il y ait la moindre anomalie.
Votre adresse publique est transmise à chaque site que vous consultez, par construction : sans elle, aucune réponse ne pourrait vous revenir. La traiter comme un secret n’a donc aucun sens.
Elle mérite néanmoins d’être prise au sérieux dans un cas précis : elle désigne votre installation, et donc tout service que vous y exposez. Une adresse connue et un service mal protégé forment la combinaison exploitée en permanence par les balayages automatisés, et les mesures qui s’imposent alors sont celles décrites dans notre article sur la sécurité d’un serveur.
En interrogeant un service extérieur, car votre machine ne la connaît pas : elle ne connaît que son adresse privée. Le service vous renvoie simplement l’adresse qu’il a vue arriver.
Non. Elle indique le fournisseur d’accès et une localisation approximative, correcte au niveau du pays, variable au niveau de la ville, et parfois fausse de plusieurs centaines de kilomètres. Seul l’opérateur peut relier une adresse à un abonné.
En IPv4 oui : ils partagent celle de la box, qui traduit les adresses privées en sortie. En IPv6, chaque appareil reçoit sa propre adresse publique et peut donc être distingué.
Seulement si quelque chose doit vous joindre : héberger un service, autoriser un accès depuis une liste d’adresses, ou faire pointer un nom de domaine vers votre installation. Pour naviguer, une adresse variable suffit.
Oui, notamment lorsque plusieurs abonnés partagent la même adresse publique chez leur opérateur. Le comportement d’un autre abonné peut alors entraîner un blocage qui vous atteint sans que vous soyez en cause.
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